Buchdetails
Beschreibung
« Don Manuel », comme le nomme Carlos Fuentes dans son texte, incarne sans doute à lui seul la complexité envoûtante d'un Mexique qui n'a cessé de fasciner intellectuels et artistes depuis de nombreuses décennies. A bien des égards, une grande part de son oeuvre se lit comme l'exact miroir d'un pays et plus encore d'une civilisation. Du Mexique, il a tout exploré, tout montré, tout interprété sans jamais céder au pittoresque : des sites mythiques de la civilisation maya aux fresques muralistes en passant par les drames de la révolution zapatiste (cf L'ouvrier assassiné), il a passionnément interrogé l'essence, la texture, la subtile alchimie d'un pays et d'une nation dont il dresse le portrait philosophique définitif. Mais l'importance d'Alvarez Bravo se fonde aussi sur son cosmopolitisme artistique qui le conduit à s'intéresser aux grands courants qui irriguent la création photographique - mais aussi picturale et cinématographique - de son temps. Il devient l'ami d'Henri Cartier-Bresson, et exposera avec celui-ci et Walker Evans en 1935 dans une exposition restée célèbre à la galerie Julien Levy de New York. Partisan de la modernité, il passe d'une recherche à l'autre quand il lui semble avoir épuisé les voies d'une exploration. Formaliste, moderniste, réaliste, documentaire, sa photographie évolue en permanence tandis que se construit une forme unique de poétique visuelle qui signe la puissance indémodable de son oeuvre.
«Conduite sous l'autorité de Colette Alavarez Urbajtel, veuve de l'artiste, cette monographie exhaustive, riche de trois cent cinquante photographies reproduites en trichromie, rend un lumineux et puissant hommage à celui auquel Edward Weston écrira en 1928 : « La photographie a bien de la chance de compter un homme doté de votre regard. »»